Sentir le mari plonger dans le sommeil, un sourire aux lèvres, et les "je t'aime" qui résonnent encore.
Fermer les yeux.
Sourire.
Apaisement.
Puis, aussitôt, les ouvrir à nouveau.
Se lever.
Suivre son intuition, son sentiment même s'il n'est pas "raisonnable".
Ressortir ce travail qui me pourrit la vie depuis des jours, des semaines.
Les idées fusent, l'écriture se fait fluide.
Travailler avec ferveur, intérêt et passion.
Mettre le point final au travail -soulagement-, et entendre au dehors les oiseaux chanter une ode au jour qui naît.
Profiter de ce moment savoureux, intimiste, admirer le ciel qui se colore, la lumière qui chasse les ténèbres.
Revêtir une jupe longue du noir le plus profond, et un gilet léger du blanc le plus immaculé.
Attacher à mon cou ce pendentif si fort de sens, comme tous les jours, mais jamais machinalement.
Marcher dans les rues de la ville qui s'éveille.
Noir de la jupe, blanc du gilet -extrêmes- ; à l'intérieur, un arc-en-ciel.
Admirer le calme de l'onde qui passe sous le pont majestueux.
Miroitement du soleil sur l'eau / Scintillements de l'âme qui s'étire
"Tout l'or des nuits jours tombe en tremblant s'y refléter"
Des chants s'élèvent.
Office de Laudes.
Pousser de façon hasardeuse la porte d'un couvent de frères Dominicains. ("jour de grâce!"?)
Se sentir à la fois étrangère et profondément à sa place.
Impétueusement vivante, communiante.
Suivre les rituels "étrangers" avec respect et ferveur.
Et tant d'autres encore, à la mesure de ce coeur qui s'embrase et explose d'Amour, de Reconnaissance, de Joie.
D'une joie à la saveur particulière, la joie quand bien même, la joie malgré.
Une joie imprenable...