mardi 31 janvier 2012

Du côté de chez soi

Le premier jour de contrôle m'est toujours très difficile. Je suis toujours effondrée à la fin de la matinée. Je pense que c'est dû en partie au fait que c'est un rythme nouveau, même si bien (trop) connu, et qu'il faut se réadapter. Se lever plus tôt, courir faire la prise de sang, revenir à la maison pour l'injection quotidienne (je les fais le matin tôt), repartir pour l'échographie de contrôle...Stress, salles d'attente (qui portent bien leur nom). C'est aussi à nouveau l'immersion en Pregnant-land (les salles d'attentes de prise de sang et d'échographie sont une torture pour les infertiles). Les regards qui se croient complices (non non, moi ce n'est pas mon ventre que je caresse, c'est mon ovaire droit avec ses trente follicules!) et qui n'en sont que plus peinants. 
Les résultats du premier jour (de monitorage) ne sont jamais réjouissants. C'est à nouveau découvrir à quel point le syndrome ne fait que s'accentuer, être effarée à chaque fois du nombre de micro follicules, désespérer de leur "infracentimétrie". Avoir peur pour cet ovaire droit qui ne fait qu'augmenter de volume de mois en mois. 
Et craquer au sortir de cette matinée. Toujours.
Aller boire un café, et le tremper de larmes. 
Désespérer violemment du parcours, des méthodes, des infimes chances de réussite.
Ne plus voir d'issue heureuse à la relation amoureuse. 
Et partir chacun de son côté, à ses occupations obligées, le coeur serré. 
Serrer les dents, laisser échapper des sanglots de temps à autre, s'enfouir dans son écharpe, se cacher sous son chapeau, baisser les yeux...


Et puis une pulsion de TPMG (tout pour ma gueule) loosequeenienne
Des nouvelles chaussures, une nouvelle robe, se sentir jolie pour pallier la blessure narcissique de l'infertilité.
Et...ça marche plutôt bien!!!

L'objet du délit

lundi 30 janvier 2012

Un soir de roses...

J'ai passé la semaine dernière à faire du toboggan sur un arc-en-ciel avec des bisounours. C'était étrange, je ne sais pas d'où m'est sortie cette béatitude extrême et tenace, mais c'était doux, et je l'ai savourée tant qu'elle était présente en moi.
Et puis le vent qui tourne, sans raison apparente. Une nausée sartrienne qui s'installe au creux du ventre et qui se propage insidieusement. Puis, les larmes qui dévalent les joues. Se répéter que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, effet des hormones artificielles sur lesquelles nous ne pouvons avoir prise. Ne surtout pas céder au gouffre de désespoir qui se tapit derrière les larmes. Les hormones, ce ne sont que les hormones...


Alors j'écoute un CD, "Comptines du Jardin d'Eden", qui offre des comptines et berceuses en hébreu, yiddish, judéo-espagnol et arabe. J'aime beaucoup ce CD: des chansons bien choisies, bien chantées, avec une bonne instrumentation et harmonisation, et un livret magnifique, joliment illustré, avec le descriptif de chaque chanson, les paroles en langue originale (et avec vocalisation en plus, pour l'hébreu et l'arabe, qui sont des langues à alphabet consonantique!), translitterées puis traduites. 


J'aime particulièrement la première, ערב של שושנים (Erev shel shoshanim). Un beau poème amoureux, qui fait penser à la prose délicate du Shir aShirim, ou Cantique des Cantiques. 


cliquez sur l'image pour l'agrandir


Alors je me baigne dans ces eaux de mots édéniques qui sentent bon la myrrhe, l'encens, la rose délicate; je peaufine un arrangement pour harpe comme accompagnement et j'apprends progressivement à la jouer en chantant, pour mon enfant à venir (même si pour le moment c'est plutôt un arrangement pour harpe, voix chevrotante et sanglots). 
Autant mettre à profit cette interminable attente...
ילדתי קטנתי ...


Ce n'est pas la version du CD, mais c'est la seule que j'ai pu trouver sur Youtube qui soit potable!

dimanche 29 janvier 2012

Couchorama

J'ai reçu un mail pour m'informer d'une émission qui passe ce soir à 22h15 sur Arte, intitulée "Couchorama". 
Le débat sur les couches jetables, couches lavables n'est pas neuf, et on peut trouver plein d'informations déjà sur les blogs de certaines mamans qui ont largement abordé cette thématique et où les débats ont parfois fait rage. Mon but n'est pas polémique, et je n'ai pas de parti pris, car pour le moment j'avoue être un peu extérieure à ces préoccupations, car non directement concernée, même si elles ne me laissent pas indifférente.


Cependant j'ai trouvé l'argumentaire du descriptif de l'émission intéressant, attrayant intellectuellement, ayant un petit quelque chose de plus qui sort des débats habituels sur le sujet. Cette émission produite par le CNRS me parait correctement documentée et ce qui me séduit surtout est aussi la perspective socio-historique et l'aspect anthropo-culturel qui sont abordés (le rapport au propre et au sale, à l'odeur, l'évolution historique et sociale de ce rapport, ce rapport vu par les autres cultures...) 

Si ça vous intéresse donc, c'est ce soir à 22h15 sur Arte, avec rediffusions le 1er février à 10h35 et le 16 février à 03h50 (pour une nuit d'insomnie pourquoi pas).



Couchorama, CNRS IMAGES

DOCUMENTAIRE INEDIT
AUTEURES JACQUELINE FARMER ET SYLVIE RANDONNEIX 
> RÉALISATRICE JACQUELINE FARMER
> PRODUCTION NORD OUEST DOCUMENTAIRES / ARTE GEIE / CNRS IMAGES 
> DURÉE 52’ ANNÉE 2011
Investigation très documentée sur l'impact environnemental et sociologique des couches culottes jetables, ce film retrace le développement de cette invention emblématique de notre monde moderne et par là notre rapport à la saleté et au malodorant. 
 Les couches culottes jetables sont devenues un sérieux problème environnemental, le plus important concernant les ordures ménagères car elles sont fabriquées à base de composants pétrochimiques et ne sont ni biodégradables ni recyclables. Portées seulement quelques heures, ces couches, symbole de notre société aux aspirations modernes et consuméristes, sont devenues un cauchemar écologique.
Ce film incarne également la quête personnelle de la réalisatrice à la recherche d'une alternative à la fois respectueuse de l'environnement et des contraintes de la vie moderne, en observant les pratiques et solutions inventées dans d'autres cultures.

Intervenants scientifiques du film :
Alain Epelboin (CNRS) du laboratoire Eco-Anthropologie et ethnobiologie (MNHN /UMR CNRS), Paris
Michel Vert (CNRS) de l’Institut des Biomolécules Max Mousseron  (IBMM, UMR CNRS, Université Montpellier 1 et 2 et ENSCM, Montpellier)
BADINTER Elisabeth ; VAN DER VLIES Rosalinde ; BRAZELTON Berry ; SPARROW Joshua 

samedi 28 janvier 2012

Islam, adoption et procréation médicalement assistée

Il y a quelques temps j'ai écrit un article traitant de certaines questions éthiques au regard du judaïsme, suite à une émission de Source de Vie (vous pouvez le lire ou le relire ici: Judaïsme et gestation pour autrui)


L'émission Islam, diffusée dimanche 22 janvier était consacrée à l'adoption et la procréation médicalement assistée. 
Je vous invite fortement à aller la regarder ici sans tarder, car demain matin (après 8h30 environ) elle ne sera plus visionnable. 


Dans tous les cas, j'éditerai ce billet ce soir ou demain, pour en faire un article-résumé du sujet.


سورة الأحزاب - Sourate 33 "Al-Ahzab" (ou "les coalisés"), versets 4 et 5, traduction de Chouraqui:
texte entier accessible sur Le Coran en ligne 

4.     Allah n’a pas mis deux coeurs
au sein de l’homme.
Pour Lui, les épouses que vous répudiez
ne sont pas vos mères.
Pour Lui, les enfants que vous adoptez
ne sont pas vos fils.
Vos dires sont sur votre bouche,
mais Allah dit la vérité,
Il guide sur le sentier.


5.     Appelez ces enfants adoptés du nom de leur père,
c’est plus juste devant Allah.
Si vous ne connaissez pas leurs pères,
qu’ils soient vos frères en créance
ou vos protégés.
Il ne sera pas contre vous de griefs
pour vos inadvertances,
mais pour ce que vos coeurs préméditent.
Allah est clément, matriciel.

vendredi 27 janvier 2012

"Où tout cela va donc nous mener?..."

Te souviens-tu de ce jour où tu m'avouas ton amour? Tu étais bien gauche et moi bien silencieuse. 
Mes baisers ont parlé pour moi. Et au terme de cette journée, blottis l'un contre l'autre, cette phrase: "Où est-ce que tout cela va nous mener?
Nous connaissions la fragilité de notre relation, son atypicité.
Tout allait très vite dans notre amour, mais sans aller trop vite. 




Et cette question qui revenait inlassablement comme leitmotiv: "Où est-ce que tout cela va nous mener?"
Tout est allé si vite...
Quelques mois plus tard nous voulions un enfant. Très vite aussi, les jugements, les exclusions, les violences, nos exils...Un an plus tard nous étions déjà mariés...




Nous voulions croire très fort que notre enfant arriverait rapidement. Nous nous répétions que c'était obligé, tout allait toujours très vite dans notre relation.
Tout, sauf ça.
Le train lancé à si grande vitesse freina brusquement. Que cette quasi immobilité est difficile...
Nous explorons un nouveau monde. Nous découvrons une nouvelle dimension à notre amour, marquée du sceau de l'attente. Nous arrivons enfin progressivement, à commencer à mieux le vivre.




Découvrir que l'immobilité fait elle aussi tellement bouger, tellement de remous, de fracas...
Et toujours cet écho inlassable: "Où est-ce que tout cela va nous mener?"
Une question qui n'attend aucune réponse. Qui est toujours murmurée, le regard se perdant dans le vague. 
Vers plus d'amour, vers plus de vie. Assurément.

mercredi 25 janvier 2012

Des racines et des ailes

La voix de Cherif Kheddam, un grand de la musique kabyle vient de s'éteindre. 
Alors ce matin, comme beaucoup d'autres sûrement, je n'écoute que ça, et mon esprit s'envole bien loin...
Par delà la Méditerranée, sur ces belles terres, là-bas, où j'ai quelques racines. Ces quelques poussières de lumière, de chaleur, de cette terre à la couleur intense, de cette terre fertile ou aride, que l'on m'a transmis, qui font parti de moi, qui me collent au coeur.


Cherif Kheddam, Lahmala


La voix de Cherif Kheddam me plonge en enfance, me rappelle mes grand-parents, les vieilles photos aux bords incertains, les cartes postales jaunies, que j'aimais regarder enfant et ces paysages où mon imagination aimait vagabonder au gré des récits et des souvenirs de mes grand-parents.
Les larmes qui finissaient par perler au coin de leurs yeux. Cette voix si différente à l'évocation de cette terre, là-bas, leurs racines, leur enfance, leur jeunesse...Leur vie. 


Le village de ma grand-mère


J'ai longtemps (et toujours maintenant) fréquenté des milieux musicaux assez classiques, plutôt conservateurs, voire élitistes, de musique "savante". Ca ne m'empêche pas d'écouter de la musique traditionnelle orientale, parfois même assez nulle musicalement parlant, mais juste parce que ça me fait vibrer l'âme, et que j'ai besoin d'entendre parler des langues sémitiques, ces langues si chères à mon coeur, dont je suis folle amoureuse, arabe comme hébreu, comme toute autre langue sémitique, ces langues qui portent l'âme du monde et qui ont du souffle en elles, avec leurs gutturales, et leurs infinies subtilités de prononciation et leurs subtilités sémantiques. Ces langues si belles, si authentiques, à la fois brutes et ciselées à l'extrême. 
Ca en fait ricaner certains de découvrir dans mes CD ou au milieu de mon MP3 ces chansons-là, à l'instrumentation parfois bancales, mais je me fiche bien de leur dédain occidental. C'est eux qui ne comprennent pas où la force de ces musiques réside...Qui ne comprennent pas la poésie de ces mots, qui surpasse la musique hasardeuse...


Ensemble Ibn Arabi,  احبك حبين

mardi 24 janvier 2012

Oui? Quelqu'un essaie de me dire quelque chose?


Ceci est mon peigne en bois. Je n'avais même pas remarqué la marque! C'est un complot!

samedi 21 janvier 2012

Far beyond words

Conversation banale sur Sk*pe avec La Demoiselle aux Coquelicots.
Papotages, futilités, rigolades. 
Négligemment mais avec intérêt elle s'informe de nos avancées, et je lui réponds brièvemment, très factuellement, n'ayant pas envie de commencer à nous apitoyer sur notre sort.
Et puis ce silence.
La vacuité des mots.
Leur étroitesse pour contenir de si grandes choses.
Elle se tait. Je me tais.
Elle devient grave et m'écris "Tu seras maman."
Je lui souris, hausse les épaules et lui réponds "peut-être, impossible de savoir."
Elle reste grave et continue à m'écrire: "Non, tu le seras, par n'importe quel moyen. Parce que je ferai tout pour que tu le sois. Je ne dis pas cela à la légère, je pèse mes mots et ils sont vraiment sincères et assurés. Si  vous avez besoin de quoi que ce soit et que je peux vous aider, je le ferai. Je donnerai mes ovules pour vous permettre d'être parents par don, si vous en avez un jour besoin. J'en ai déjà souvent parlé avec Monsieur Coquelicot (son copain). Je sais ce que ça implique, et je le ferai pour vous deux."


Je sais que ces paroles-là ne sont pas en l'air. 
Elles me frappent en plein coeur.
Des bouffées d'émotions m'envahissent.
De l'amitié, de la reconnaissance...
Nous ne disons plus rien, nous n'écrivons plus rien. Nous nous regardons toutes les deux dans les yeux seulement.
Je sens les larmes monter, et couler le long de mes joues. Un torrent de larmes, calme et inépuisable.
Ce silence si lourd de sens. Si intense. Si profond. Si précieux.
Et ce regard échangé qui n'en finit pas.


Elle est exceptionnelle.


Un jour je reçois cette carte postale, ô combien sublime, venant d'elle (qui n'était pas le moindre du monde au Marineland d'ailleurs), accompagnée de ces mots: "la magnificience de cette carte est inversement proportionnelle à l'amitié que je vous porte".
C'est dire si elle nous aime.

jeudi 19 janvier 2012

L-322-3-12

Je ne sais pas quel hasard fait que lorsque je vais à ma pharmacie, je suis toujours (sans exception) servie par la même préparatrice. Il y en a pourtant plusieurs! Mais je tombe toujours, toujours, toujours sur la même. 
Et tant mieux! Elle est jeune, aimable, très discrète, et en plus elle est le sosie d'une bonne amie à moi. Bref, je l'aime bien. 


Hier, je suis allée chercher "le butin" (comme on aime appeler ça avec le mari, parce que franchement, quand on voit le prix de tout ça, on dit merci, oh merci, la prise en charge 100% de la sécu!). 
Ça n'a pas manqué, la personne qui m'a servie était "ma" préparatrice. Pour la première fois elle s'est autorisée une très légère familiarité quand elle m'expliquait chaque médicament: arrivée à la progestérone, elle m'a dit discrètement "bon...pas la peine d'expliquer à nouveau pour ça, non?". J'ai revêtu mon cynisme détaché et souriant en sortant un "oh non, l'habitude!". Je trouvais ça sympa de commencer à plaisanter un peu à ce sujet avec elle, depuis le temps qu'elle me sert le même butin...


C'était sans compter le jeune homme à la caisse d'à côté, qui demande bien fort et bien fier un test de grossesse exactement en même temps que ma réponse.
Bam, dans ta gueule. 
Elle a replongé dans mes médicaments à préparer, et moi je n'entendais plus rien, et je bloquais fixemment sur ma feuille de prise en charge 100% là, gisant sur le comptoir.
Oui, cette prise en charge à 100% pour stérilité.

on va espérer que ce + est un signe positif, n'est-ce pas . . .

mercredi 18 janvier 2012

Teck, le parfum des grands froids!*

Je rangeais hier un peu les armoires et m'apprêtais à jeter plusieurs échantillons de parfums qui s'entassaient sans être utilisés, lorsque j'ai bloqué sur un spécialement, et il m'a bien fait ricaner:




Je crois que nous pouvons le déclarer parfum officiel des TEC (pour les novices: TEC= transfert d'embryon congelé)!


*j'ai changé le titre, avec ce merveilleux slogan suggéré par Lulu, que je trouve excellent! Merci Lulu!

lundi 16 janvier 2012

απολλυμεθα !

Waterhouse, Miranda-The Tempest (1916)

Où l'on sent un frisson glacé nous parcourir l'échine, en regardant en arrière, en  observant ce week-end, en ouvrant les yeux sur cet ouragan qui nous est passé sur le corps, cette tempête de mots acérés. 
Où l'on se rend compte que le nous a risqué de n'habiter que des phrases au passé.
Où l'on se murmure, les yeux dans les yeux, que l'on s'aime. Comme un souffle venant se poser sur le tumulte intérieur. 
Où nos corps s'avouent ce qui est trop grand pour être contenu dans des peaux de mots. 


Et ce constat effaré: nous savions, nous savons, à quel point l'infertilité peut détruire le couple. Le savoir et y prendre garde n'empêche pas malgré tout d'être violemment entraînés dans des bourrasques destructrices.


Waterhouse, Miranda (1875)

vendredi 13 janvier 2012

Coming soon

"Vous m'appellerez alors quand vous aurez vos règles?
- Oui, oui, je ferai un communiqué de presse ne vous inquiétez pas. Vous, le cabinet d'échographie, l'infirmière...Je ne manquerai pas de partager cette nouvelle avec tout le monde.
-Ah, je vous le concède, ça manque quand même d'intimité toute cette histoire..."

jeudi 12 janvier 2012

On the road again?

Depuis le résultat négatif de décembre, tout m'est passé par la tête. 
Arrêter. Tout arrêter. 
Reprendre. Y aller à fond, s'y consacrer. 
Non, laisser sagement de côté quelques mois le temps de finir cette année doublement diplômée. 
Non, reprendre, vite vite vite, et changer mes priorités. 
Non, laisser de côté quelques années, ne plus entendre parler de tout ça, retrouver les bancs de la fac, me remettre à fond dans un nouveau cursus, envie de nouveauté, de repartir vers quelque chose qui n'a pas été essoufflé par la cohabitation avec l'assistance médicale à la procréation. 
Non, je veux un bébé avec lui. 
Non, je veux refaire tranquille des études, et puis partir à Florence une année. 
Bon, faire un bébé. 
Non, j'en ai marre, marre, marre, marre, je suis crevée, et puis je veux reprendre la pilule, j'en ai marre de tous ces effets secondaires pour RIEN.
Ok, on se laisse entre une et trois années. Ok. Bon, je vais alors téléphoner à la gynéco pour avoir un RDV qu'elle me represcrive la pilule. Ok.
Ok...je vais le faire...
Ok...oui, oui, demain...
Mais finalement, si on part pour trois ans, ça sera plutôt pour cinq ans, ou plus si je fais un doctorat dans cette nouvelle voie?
Remettre ça à 8 ans? Panique.
Bébé. 
Non, après. 
Non, maintenant. 
Non, marre la PMA qui me bouffe la vie, mon travail et les études. 
Oui, mais...mon bonheur est de fonder une famille avec lui, tout le reste n'aura plus tant d'importance après.
Oui mais on est fauchés. Mieux vaut attendre finalement. 
Oui mais non, on devrait pouvoir s'en sortir. 
Oui mais...Et puis passe mon une cigarette, juste pour voir comment ça fait, déjà. 
Non, ne fait pas ça, pas maintenant. 
Roh mais de toutes les façons on va pas faire de bébé, alors allez, juste une. 
Non, non, non, ne pas faire ça.


AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH


Finalement, nous avons décidé de repartir. Différemment, avec des chamboulements dans ma vie, mais de repartir...
J'ai donc repris RDV. Je devais rappeler suite au résultat, positif comme négatif. Ça va, j'ai juste presque un mois de retard. Mais vous comprendrez bien, madame Gynéco que tout cela est un peu compliqué et chamboulant. Oui elle comprendra sûrement. Elle ne m'a d'ailleurs rien reproché au téléphone. Elle m'a donné un rendez-vous très rapidement. Très très rapidement. Qui se compte en jours et non en semaines. On pourrait même presque le compter en heures. 
Et cette peur du début...Vers quoi allons-nous? Pourquoi elle n'a pas dit "oui, on va repartir sur un cycle de traitement" mais était drôlement circonspecte? N'est-elle plus aussi optimiste qu'avant pour notre cas?
Où allons-nous? Vers quoi nous dirigeons-nous?


Et le mari qui a une réunion de travail le matin du rendez-vous...Première fois qu'il ne sera pas là à un rendez-vous concernant la PMA. Je suis une grande fille, je sais aller seule chez les médecins mais là... Quand il est avec moi j'ai de la force, je suis un peu plus confiante, je suis battante. Là j'ai peur, et je sens que je vais m'effondrer en larmes sur son bureau.


Mais...on the road again.

Annonce de naissance à Marie...(photo prise à Florence, c'est une partie d'une fresque de Bronzini se trouvant dans la Chapelle des appartements d'Eléonore de Tolède au Palazzo Vecchio)

Edit du soir: Le mari vient de me dire que ça l'embêtait vraiment de ne pas pouvoir être au rendez-vous, donc finalement il y sera et rejoindra la réunion ensuite. Ai-je déjà dit à quel point je l'aime cet homme-là?!

mardi 10 janvier 2012

Son coeur, rouge comme un bouquet de coquelicot, était ciselé d'or, d'un or le plus pur

Le coquelicot est sa fleur préférée. 
Nous nous sommes connus en première année d'études. Je ne l'aimais pas trop aux premiers abords à vrai dire. S'il y avait bien une fille à l'opposé total de moi, c'était elle. Sur tous les plans. 
Et pourtant, l'année passant, nous avons appris à nous connaitre, par petites touches, par bribes de mots, fragments d'existence partagés. Nous sommes devenues inséparables.
L'année d'après elle s'était déjà envolée vers d'autres cieux. Nous ne nous sommes pas perdues de vue pour autant. 
Elle venait me rendre visite régulièrement. Et puis un soir, un repas qui traine, les confidences qui se faufilent autour d'un thé...Elle me raconte sa vie, son enfance...Elle venait d'apprendre quelques mois auparavant, de façon très brutale, que ses frères et soeurs et elle (triplés), étaient issus de fécondation in vitro, avec don de sperme.
Une scène m'est revenue. Discussions d'étudiants autour de la machine à café. Et une personne qui insiste sur son nom de famille (arménien): "Fille de xxx! Tu sais que ton nom veut dire fille de xxx? Ton père était xxx? hein? Hé je vais t'appeler comme ça à présent, fille de xxx!". Je n'avais pas compris le pourquoi de ces éclairs dans les yeux à la Demoiselle aux Coquelicots. Elle l'avait littéralement fusillée du regard, et avait tourné les talons pour partir, sans mot dire. 
Elle venait d'apprendre cette naissance par FIV avec sperme de donneur.


Quand nous voyons la difficulté d'être infertile, le parcours que cela implique pour avoir un enfant, et la lourdeur d'une FIV, nous pourrions naïvement penser: "ah qu'est-ce qu'ils ont dû être choyés, aimés, désirés ces bébés-là!".
Je n'aurais pas la prétention de jauger d'un amour maternel, mais l'histoire familiale de cette Demoiselle aux Coquelicots perce le coeur, et si je ne connaissais pas réellement cette personne, et son entourage, j'aurais douté de la véracité de cette histoire...
Son père (celui dont elle porte le nom de famille du moins), les as abandonnés quand ils étaient encore tous petits. Elle garde très peu de souvenirs de son père, et ne l'a jamais revu. 
Sa mère ne les as pas élevés, et les as confiés assez rapidement à leur grand-mère, les déscolarisant au passage (et ce du début du collège jusqu'au lycée, où en terminale sa soeur son frère et elle décidèrent d'être scolarisés pour avoir une chance de passer au moins le bac).
Mais l'année où je l'ai justement connue, tout s'est effondré. Sa grand-mère venait de décéder, son grand-père se laissait mourir de chagrin, la maison familiale devait être vendue...Sa mère avait détourné de l'argent, était poursuivie par la justice, s'était enfuie à l'étranger...Au passage elle avait volé ses propres enfants, avait vendu également tous leurs bijoux (la Demoiselle n'a jamais exprimé de rancoeur ou de colère pour ça. Elle était fataliste et résignée. Elle m'exprima juste sa très grande tristesse qu'elle ait osé revendre ce à quoi elle tenait le plus, sa médaille de baptême).
Elle a connu les huissiers, les convocations en justice, tout ça pour l'inconsistance d'une mère n'ayant jamais eu ce rôle...
Je ne fais que résumer brièvement, car l'histoire est tellement tellement triste...
Et pourtant la Demoiselle aux Coquelicots a toujours eu une attitude de bonté qui force l'admiration. Elle pardonne inlassablement à sa mère (à l'inverse de ses frères et soeurs). 
Elle n'a plus la possibilité d'avoir des bourses d'études à cause de sa mère, elle n'a plus un rond, elle n'a plus de maison, elle a juste le bac et n'a pas continué d'études, elle est toujours la bonne poire qui laisse sa vie de côté pour régler les merdes des autres de sa famille...Et pourtant elle garde le cap, elle est toujours de bonne humeur, elle est intègre, honnête, d'une grande générosité...
Elle trime par petits boulots par ci par là occasionnellement, lui permettant de vivre. Une partie de son salaire va même parfois pour aider aux études de sa soeur jumelle...
Elle exprime sa vie avec beaucoup de pudeur, sans animosité. Beaucoup d'humour (de protection peut-être).
Et pourtant sa vie est loin d'être rose. Elle a des problèmes de santé important. Qui ont pris d'autant plus d'ampleur qu'ils sont mal soignés ou n'ont pas été soignés. Pas d'argent, pas de sécurité sociale, pas de mutuelle...La seule fois qu'elle a fraudé c'était par nécessité, en faisant passer certaines de ses analyses pour les analyses de sa tante (qui avait une mutuelle) afin de pouvoir faire ces tests onéreux.
Sa soeur jumelle (que j'avais hébergée un soir), me disait son inquiétude, par ces durs mots, les larmes aux yeux "elle meurt à petit feu, sa santé est flinguée"...Je n'en ai pas dormi de la nuit. Et pourtant le lendemain je l'avais au téléphone, et joviale elle m'assurait qu'elle allait plutôt bien ("malgré ça ça ça ça et ça, j'ai failli y rester pour ça ça ça et ça, mais c'est pas grave! ça va!")


Quand je lui demandais ce que ça lui faisait d'avoir découvert qu'elle était issue d'une FIV avec sperme de donneur, elle m'a répondu, qu'à vrai dire pas grande chose. Ce n'était ni la FIV ni le donneur qui la dérangeait, mais c'était de voir encore une identité s'effondrer, un appui se dérober. 
Non seulement son père n'a jamais tenu ce rôle, mais en plus il ne l'était même pas biologiquement. 
Si son père avait eu son rôle de père, elle pense qu'elle n'aurait jamais eu de problème avec le fait d'être issue d'un don. Là une figure paternelle lui manque cruellement et reste un grand vide. 
D'autant plus en sachant sa "conception". Elle ne sait plus quel est son nom de famille, celui de son "père" ne veut plus rien dire pour elle (ni toute cette filiation et identification au peuple arménien). Le nom de sa mère, il est douloureux également pour elle.
Alors son nom de famille est changeant. Parfois l'un, parfois l'autre, parfois les deux.
Je me torture toujours l'esprit pour savoir quoi mettre quand je lui écris. (finalement je mets toujours les deux. Elle choisira.)
Son roc, ce sont ses frères et soeurs. Son jumeau, sa jumelle. Les yeux brillants elle me disait que c'étaient finalement eux qui comptaient, eux sa famille, et que ce qui les sauvaient c'est de savoir qu'un jour ils fonderont une famille heureuse, chacun, et chacun pouvant toujours compter l'un sur l'autre. 
Finalement, heureusement que cette FIV a donné trois enfants...


Ma Demoiselle aux Coquelicots, vous l'aurez peut-être perçu, je l'aime. Très très fort. Pour tout ce qu'on a vécu, pour l'affection que je lui porte, pour son attitude, ses attentions à mon égard, pour sa valeur humaine, son coeur d'or...Aussi fauchée qu'elle l'est, elle trouve toujours de quoi venir passer quelques jours chez moi régulièrement, et ne loupe aucun Noël ou anniversaire, où elle m'offre toujours de magnifiques cadeaux, cherchant toujours à me faire plaisir, faisant réellement attention à moi, à ma vie, à mes goûts, à ce que j'aime, à ce qui me fait vibrer...
Souvent, quand je lui dis à demi mots ce qu'on traverse, où on en est, elle me souhaite beaucoup de courage, et quand je lui rétorque que c'est plutôt à elle que je lui en souhaite, vu ce qu'elle vit, elle me rétorque que non, ce que je vis est quand même tellement plus dur...(?!)
Elle est vraiment exceptionnelle...


La FIV fait des miracles. Des miracles qui impliquent aussi de la douleur, mais qui peuvent être de précieux joyaux d'humanité...

dimanche 8 janvier 2012

L'infertile

Lorsque j'ai préparé mon mariage, je me suis inscrite sur un forum destiné à cela. Ça m'a aidé à faire mes choix, préparer à distance. Ce forum était convivial, je m'y sentais bien et j'y ai fait certaines belles rencontres.
Je n'ai pas caché mon désir d'enfant. Puis, je n'ai pas caché mon infertilité non plus (après coup, je me dis que c'était une grosse erreur). L'annonce d'infertilité avait été un tel choc, que j'avais besoin d'en parler, et je croyais trouver sur ce forum des interlocuteurs. A dire vrai, c'est de la solitude que j'y ai à nouveau rencontré. Quelques paroles de soutien, d'encouragement, et puis cette étrange sensation d'être un petit canard noir qui incarne ce qu'on ne veut pas voir et qui fait peur: l'infertilité qui tombe sur un couple, sans autre raison que le "pas de chance".
Alors j'ai rapidement gardé tout cela pour moi. Je continuais à intervenir par ci par là sur les sujets des autres. Peu à peu je me suis détachée de ce forum: mon mariage était passé, mes préoccupations étaient clairement autres et non partageables en ce lieu, et voir les ventres s'arrondir et les annonces de grossesse s'accumuler quand on reste sur le quai est du masochisme! 
Et puis il y avait elle. Elle avec qui j'avais noué des liens, que je considérais presque un peu comme une amie, que j'avais rencontrée, que j'avais aidée au début de sa reprise d'études (dans la même branche que moi). Elle qui est tombée enceinte alors que j'étais infertile. Elle que j'avais chaudement félicitée par mail privé de cette grossesse. 
Et puis elle qui un jour poste un message sur ce forum poussant un coup de gueule contre ces personnes qui sont jalouses de son état (soi-disant). Comme je venais de faire une blague à ce sujet, sans méchanceté aucune, même blague faite auparavant par d'autres sur le forum, mais qui elles étaient mamans ou fertiles, je me suis sentie visée. Je n'ai rien dit, mais je n'en ai pensé pas moins. J'en ai souri, car si tel était le cas, si c'était moi qu'elle visait, elle se fourvoyait sur tous les plans car sa grossesse je ne l'enviais pas le moindre du monde. Je me disais que sa grossesse devait la mettre à fleur de peau, exacerber ses réactions, j'ai donc laissé couler et ne lui en ai pas tenu rigueur.
Le temps a passé, son enfant est né, et il y a quelques jours j'ai osé intervenir pour donner mon avis sur une question par rapport au baptême qu'elle se posait.
La réaction fut drastique. Elle me traita de présomptueuse, et en gros me disait que mon intervention était ridicule car je n'intervenais plus sur le forum si ce n'est pour être parano et agressive à son égard.
Mes doutes étaient donc les bons: c'était bien moi qui était visée quelques mois avant!
Cette femme-là je la considérais comme amie. Mais visiblement, elle ne l'était pas.
J'ai un petit sourire triste (même si lire sa réaction m'a mis la larme à l'oeil). Triste car cela renvoie à l'infertilité et à la perception que l'on peut en avoir. Clairement, j'aurais du être jalouse. Pour cette personne, il ne pouvait pas en être autrement. J'étais infertile, elle était enceinte, donc j'étais jalouse, CQFD.
Alors que ce n'était pas le cas, pas DU TOUT le cas (c'est ça qui est amusant dans l'histoire, car il a pu m'arriver d'être un peu jalouse d'une ou deux femmes enceinte, j'avoue, mais d'elle pas une seule seconde...pas une seule...), que je l'avais félicitée, que je n'ai jamais eu de réactions agressives et parano à son égard contrairement à ce qu'elle avait pu dire. 
Mais on nous assigne une place obligée. On nous colle une étiquette sans autre réflexion approfondie. Sans se demander si c'est pas nous qui sommes un peu parano...


C'est triste mais après tout révélateur des projections sur les personnes infertiles.
Finalement, comme le disait Lily Duchemin un jour dans un article (qui d'ailleurs avait déchaîné les passions...comme quoi, peut-être que quelque chose d'important se joue à ce sujet): nous sommes un peu des épouvantails parfois.
Et que dire pour se "défendre"? Rien. On ne sera jamais vraiment crédible. C'est tellement simple de profiter d'une "faiblesse"...

Pourquoi il sourit lui? C'est de la provoc'? C'est de la provoc'? Il est parano et agressif?

vendredi 6 janvier 2012

Lekh Lekha


"...Et ce très vieux geste, se dresser
                  
                                          et partir. Il y a un chemin

                                          à faire."
                            
                                                                                                        Israël Eliraz





Peinture 222 x 314 cm, 24 février 2008
Diptyque . Acrylique sur toile
Archives P. Soulages, [photo Georges Poncet], © Adagp, Paris 2009


mardi 3 janvier 2012

La guerre des boutons

Bon les enfants, il est temps de parler de sujets de fond maintenant. 
Soyons glamour, parlons boutons! 


À l'arrêt de la pilule j'ai eu l'ô combien grande joie de voir mon délicat minois (oui oui...) se faire envahir par un vil mal: l'acné. 
C'est sympa, ça rajeunit, ça rappelle ses années adolescentes.
Sauf que:
1/ Rajeunir, je n'en ai pas besoin merci. Et compte tenu de la différence d'âge avec mon mari, je me passerais bien de la rendre encore plus importante à cause de ma tête d'ado boutonneuse.
2/ C'est moche et ça fait mal...

L'avis de la gynéco et de la dermato est unanime: "c'est normal, c'est hormonal, ça fait partie du tableau clinique t-y-p-i-q-u-e des personnes ayant le syndrome des ovaires polykystiques!".
Super. Mais ça me fait un peu une belle jambe. Ou un beau menton (car évidemment c'est exclusivement cette zone-là qui est touchée, acné hormonal adulte oblige...Encore heureux d'ailleurs que ça soit circonscrit...).

Toujours est-il que depuis, c'est ma lutte de tous les jours. Ça me pourrit un peu beaucoup la vie. Me regarder dans un miroir le matin me déprime.
Ce ne sont même pas que des considérations esthétiques, mais c'est également un signe (trop) visible de mon infertilité qui me fait tant souffrir par ailleurs.
Ces boutons sont un constant rappel de ma situation. Je n'oublie pas le pourquoi de leur présence. Ce qu'ils révèlent. Ovaires polykystiques, infertilité, assistance médicale à la procréation...Un douloureux mémento dont je me passerais bien...
J'avoue que parfois je rêve de reprendre la pilule juste pour éradiquer ça. Mais cela éradiquerait aussi radicalement la possibilité d'avoir un enfant. 

Alors, je camoufle, tant bien que mal, pour présenter figure acceptable, pour me présenter figure acceptable avant tout. 

Si je parle de ça aujourd'hui, c'est aussi pour partager à ce sujet avec les personnes concernées. Les personnes souffrant d'ovaires polykystiques y sont sujettes, mais tout dérèglement hormonal a aussi pour conséquence des poussés d'acné hormonal, et comme en PMA les hormones, on en mange, je suppose qu'on a toutes été concernées de près ou de loin à un moment donné du parcours.

J'ai besoin de votre vécu, de vos conseils, des vos astuces, de vos bons plans...J'ai essayé pas mal de choses qui pour le moment restent sans réel effet.

-Les antibiotiques, ça a un peu fonctionné, mais par derrière ça m'a filé sécheresse et mycoses vaginales (je vous ai dit que ce serait glamour ce soir) pendant des mois, et a failli me pourrir ma nuit de noces groumpf de groumpf! Donc antibio: FAIL.

-Les crèmes de soin: sans grand effet non plus. J'ai testé Effaclar duo de La Roche Posay, puis Triacnéal d'Avène (sensé être hyper fort. Tu parles. Sur moi, ça ne fait pas grand chose)

-Les masques: j'ai testé l'argile rose en masque sur le menton de temps à autre, des gommages etc...Mais toujours sans effet transcendant. Peut-être que ça fait du bien à la peau, mais rien de révolutionnaire. En plus (sinon ça ne serait pas rigolo), j'ai une peau très sensible, donc je dois y aller molo avec les masques purifiants ou autre décapant à visage pour ado pustuleux

....Bref vous l'aurez compris, rien n'y a fait.
J'ajoute à cela que même quand j'ai essayé d'avoir une vie super saine, régime alimentaire adapté aux ovaires polykystiques, contrôle de la glycémie pire qu'une diabétique effrénée, sport, rythme de vie correct, perte de poids etc ce n'était pas mieux. Du coup j'ai un rythme de vie pourri, je mange comme une merde, je dors peu, et finalement c'est idem. 
J'ajoute également que j'ai une routine d'hygiène du visage tout à fait correct, et que je me mille-feuille la gueule très consciencieusement depuis un an avec des produits adaptés bla bla tout ça. D'ailleurs le reste du visage c'est nickel, à en faire pâlir la Vénus de Botticelli (j'exagère?! Si peu, si peu...). Reste le menton archi-acnéique.

J'ai listé quelques produits essayés qui n'ont rien donnés, mais à présent je pourrais quand même donner quelques produits qui, sur moi, ont eu un peu un effet positif.

- La masque frais de Lush "La guerre des boutons". Une odeur horrible, mais en cure (masque juste sur le menton tous les deux jours pendant deux semaines), c'est la seule chose qui a été vraiment efficace, très visiblement.
Mais bon, une fois arrêtée, ça a fini par revenir (évidemment puisque le problème de fond, ce sont ces **** de dérèglements hormonaux, et ça...)

- Naturoderm purifiant de Phyt's, en application locale (produit assez fort, et terriblement efficace)

Côté cosmétiques, je tire mon chapeau  au correcteur Full Cover de Make Up Forever, le meilleur correcteur que j'ai trouvé à ce jour, avec le grand avantage aussi du large choix dans les teintes. 
Je ne jure également plus que par mon fond de teint de chez Shiseido Teint Double Contrôle. Parfait, et possède aussi l'inouïe avantage de proposer des teintes très claires, j'ai donc la teinte la plus claire (I00), qui me convient parfaitement alors qu'il m'a toujours été impossible de trouver une teinte correcte de fond de teint, toujours trop foncées. 

Voilà, aujourd'hui c'était un article "salle de bain": beauté, soins et cosmétiques. Ça arrive. 

J'attends vos avis/conseils/astuces etc...!


lundi 2 janvier 2012

Vie.

"Que du bonheur!"
Joie, santé, amour, réussite, richesse, félicité...
Les voeux de bonne année partent d'une bonne intention, ont parfois des accents de sincérité (et parfois d'automatisme). Mais posons-nous un instant pour les observer.


Souhaiter "tout de bon" (comme disent les Suisses) à quelqu'un est honorable. Mais au fond, comme me disait ma grand-mère à l'instant au téléphone, "on souhaite, on souhaite, mais finalement on n'y peut rien nous! On ne peut pas garantir tout ça  à ces gens à qui on souhaite toutes ces bonnes choses!" (ouais, depuis qu'elle s'est remise au Scrabble, ma grand-mère réfléchit. C'est cool.)
On se gonfle d'utopies à atteindre, de projets nouveaux (ou anciens à réchauffer) à accomplir, de choses à réussir, on répète comme un mantra le mot "bonheur" en espérant qu'à force de le dire il puisse nous pénétrer, on ne retient que la partie dorée, rose bonbon de la vie.
Cependant, ne sommes nous pas entrain de nous imposer une dictature du bonheur, d'échafauder un piédestal à 2012, pour nous et les gens à qui nous offrons une pierre de plus pour élever de plus en plus haut ce piédestal où nous jucherons "2012"? En risquant de tomber ensuite de très haut.
Bien sûr, on ne va pas souhaiter une année pourrie aux gens...
Mais finalement, sous forme d'humour, ma soeur m'a offert le plus beau voeu de bonne année avec ces mots: "Que 2012 soit 2012!"
Je le reçois comme une acceptation du réel. Rien de plus, rien de moins. Et c'est son voeu à elle de bonne année qui me fait le plus de bien, qui me...libère.
Libère du poids d'une culpabilité sous-jacente par peur de non-réussite, par peur de ne pas arriver à accomplir toutes ces choses (joie, réussite, enfant...).
Cette phrase m'ouvre une possibilité d'échec. M'autorise à être triste par moments. M'ouvre tout bonnement une vie humaine, qui est faite de sentiments contrastés, de morcellements et de continuités, de gris, de blanc, de noir, de rouge, de jaune éclatant, de doré, de bleu azur, de marron sombre, de tendre vert...
Cela me fait penser au "gai désespoir" d'André Comte-Sponville. Se libérer des attentes, des cristallisations imaginaires, de nos projections, pour accueillir le réel tel qu'il est. ("Ce choix du désespoir que j'ai fait, je l'appelle le gai désespoir. Il s'agit de cesser d'espérer vivre, pour reprendre l'expression de Pascal, et de vivre en effet. Il s'agit de préférer la vie telle qu'elle est, avec ses difficultés, avec son lot d'horreurs parfois, mais aussi avec ses plaisirs, avec ses joies, avec ses amours, d'accepter et d'aimer la vie telle qu'elle est plutôt que d'en espérer une autre" A. Comte-Sponville, in Le Gai Désespoir)


Je vous invite, si vous le souhaitez, à accueillir et recevoir votre vie dans une pleine humanité.

dimanche 1 janvier 2012

לחַיִּים ,לחַיִּים, to life!